Je suis affalé sur le canapé dans le salon. Je regarde une émission pourrie à la télévision. Pendant ce temps, Jesse, Vanessa et Sophia sont en grande discussion sur la soirée qu'ils comptent passer je ne sais où. D'ailleurs, je m'en fous. Quand j'étais enfant, je pensais que la vie était merveilleuse et sans embûche. Je me suis vite rendu compte que j'avais tort quand, le jour de mes 10 ans, ma mère est venue m'annoncer que j'étais une erreur et qu'elle n'avait jamais voulu de moi. Ma mère est ce que l'on peut appeler une alcoolo-despressive-égoïste-hypocrite. Ma mère n'a toujours pensé qu'à elle. Elle se croit supérieure aux autres parce que c'est une belle femme, désirée de tous. Moi, elle m'a toujours donné violemment envie de vomir. Ma mère est folle. Totalement folle. Adolescent, elle pensait que j'étais amoureux d'elle. Totalement folle et surtout très égocentrique. Ma mère est un monstre de la pire espèce. Le genre de personne que tout le monde croit connaître mais qu'en réalité, je suis le seul à cerner réellement. Je connais la personnalité des gens dès le premier regard. Tous. Sauf une : Vanessa. La première fois que j'ai vu Vanessa, c'était à un dîner de Noël. Sophia m'avait invité à le passer avec sa famille. Les fêtes de Noël m'ennuient à mourir. Je déteste ça. D'ailleurs, toutes les fêtes quelles qu'elles soient m'ennuient. Cependant ce réveillon là, je m'en souviens encore. J'avais d'abord rencontré les parents de Sophia. Ce sont des gens sympathiques et honnêtes. Mais profondément barbants. Et puis, Vanessa est arrivée en milieu de soirée. Nous étions déjà une dizaine, peut-être plus, et j'avais déjà cerner la personnalité de chacun. Mais dès que Vanessa est entrée dans la pièce, et que je l'ai aperçu, je me suis senti soudainement vide. Totalement vide. Quand elle m'a serré la main, je lui ai dit d'une voix calme et sereine que je m'appelais Zac. Mais en réalité, je n'étais pas du tout serein. Le soir, quand tout le monde était allé se coucher, je me suis retrouvé seul avec elle, au bord de la cheminée. Je n'ai jamais compris comment on s'était retrouvés à faire l'amour sur le canapé mais je m'en souviens encore. Vanessa a toujours provoqué chez moi une effervescence. C'est pour ça que je la déteste autant. Depuis le jour où mon père s'était suicidé, je n'avais plus ressenti aucun sentiment. Pour personne. Et elle a débarqué comme ça, sans me demander mon avis. J'aime être ce personnage sans c½ur et méchant. Ça me plait. J'aime faire souffrir les gens parce que je sais qu'ils ne souffriront jamais autant que moi. Je suis orphelin sans l'être réellement. Personne ne peut comprendre ça. Soudain, une voix me sort de mes pensées. Je lève lentement la tête. Sophia me regarde tendrement. Je déteste ça. De toute façon, tout m'exaspère chez elle. Elle me sourit et ouvre enfin la bouche.
Sophia : On y va. A tout à l'heure.
Je grogne en signe d'approbation et elle sort après m'avoir embrassé. Je soupire et m'allonge de tout mon long sur le canapé. Je déteste ma vie. Je déteste les gens qui m'entourent. Et par dessus tout, je me déteste moi. Je ferme les yeux, toujours allongé sur le canapé et essaie de me remémorer une époque heureuse de ma vie. Aie-je été un jour réellement heureux ? Oui. Il y a une éternité. Grâce à Hayden. Hayden est ma s½ur jumelle. Si j'avais un c½ur et des sentiments, je l'aimerais plus que tout. Hayden n'est pas comme moi. Elle est douce, gentille, généreuse, altruiste et surtout honnête. Tout le contraire de son frère. Mais Hayden serait sans doute comme moi si elle avait vu tout ce que j'ai vu. Je sors à nouveau de mes pensées. Je sens une présence au dessus de moi qui me fait sursauter. J'ouvre les yeux. Vanessa est là, à califourchon sur moi et elle me regarde avec ses yeux que j'aime tant. Je lui souris. Je ne saurais dire pourquoi mais j'ai envie de lui sourire. Quelques mots parviennent à sortir de ma bouche.
Zac : T'es pas partie avec les autres ?
Elle s'enlève d'au-dessus de moi. J'en profite pour me redresser et m'allumer une cigarette. Cette saloperie me tuera. Mais il faut bien mourir un jour. Elle se tourne vers moi et soupire ironiquement.
Vanessa : J'étais fatigué, tu comprends. Et je ne voulais pas te laisser tout seul.
Oui, je comprends. Ce que je comprends surtout c'est qu'elle veut me rendre fou et que -même si je ne le montre pas- elle va finir par y parvenir. Je m'approche pour fumer à la fenêtre. Quelques petites secondes après, elle me rejoint et enroule ses bras autour de ma taille. Elle se met sur la pointe des pieds et me chuchote au creux de l'oreille.
Vanessa : Tu m'as manqué.
Je sens chaque millimètre de mon corps frissonner. C'est horrible la sensation que quelques petits mots, prononcés par la bonne personne, peuvent provoquer. Je me retourne et la regarde dans les yeux. Je ne peux décemment pas continuer comme ça. Je n'y arrive pas. Je détourne le regard et m'éloigne. Je pars dans la cuisine, attrapa une bouteille d'eau qui traine et je bois. Ce n'est pas de l'alcool mais j'ai la bouche sèche alors je m'en contente. Vanessa vient de me rejoindre. Je ne l'ai pas vu, j'ai le dos tourné mais je sens sa présence. Son odeur que je reconnaîtrais entre mille. Elle s'approche lentement de moi et me force à me retourner. Je me retrouve face à elle. Je me sens tout petit quand elle me regarde comme elle le fait en ce moment. Je craque. Je la prends par les hanches, la colle au mur avant de me coller moi-même à elle et l'embrasse. Je ne peux pas résister. Je sens ses mains froides se glisser sous ma chemise. Je déteste cette sensation si plaisante. Je devrais être heureux en ce moment mais je ne le suis pas. Je déteste ces sentiments étranges qui m'assaillent dès que je suis avec Elle. Ils sont trop confus, trop forts. Moi, Zac Efron, immonde être sans c½ur, je ne peux pas être heureux. Je ne le mérite pas. Le temps que je pense à tout ça, je suis déjà entièrement nu et elle m'a entraîné dans ma chambre sans que je puisse dire quoique ce soit. Je me sens faible. Je me sens nul. On fait l'amour. Je ne saurais dire combien de temps ça a duré, parce que Vanessa est la seule avec qui je perds toute notion du temps.
Je suis allongé dans mon lit. Je tourne la tête vers elle puis pose mon regard sur le plafond. Je respire difficilement. Cette explosion de sensations au fond de mon estomac me donne envie de vomir. Ou de sauter par la fenêtre. Mais au lieu de ça, je me redresse, ouvre le tiroir de ma table de chevet et en sors fièrement un paquet de cigarettes. J'en allume une. Je sens son regard posé sur moi. Je n'ose pas tourné la tête. J'ai trop peur de retomber à nouveau. Cependant, je décide, pour la première fois depuis une éternité, de laisser mon empathie et mon profond dégoût des sentiments de côté. Je m'approche lentement d'elle et lui chuchote à l'oreille.
Zac : Tu m'as manqué aussi.
Et c'est vrai. Pour la première fois depuis une éternité, je ne mens pas. Un magnifique sourire illumine son visage. Elle s'approche de moi et m'embrasse tendrement. Je me sens bien. Suis-je encore Zac Efron en ce moment précis ? J'en doute. Je ne sais plus qui je suis. Cette fille me rend fou.
Je m'appelle Zac, Zac Efron et je suis une erreur de la nature.